Précision en physique du bâtiment : pourquoi la table du point de rosée est un outil de diagnostic important
En matière de diagnostic des bâtiments et de traitement des moisissures, la prévention des dégâts d'humidité ne relève pas de l'intuition, mais d'une nécessité mathématique précise. Alors qu'un hygromètre classique ne donne qu'un aperçu instantané de la qualité de l'air intérieur, une table de point de rosée correctement interprétée permet d'anticiper les risques avant même qu'ils ne soient visibles.
Pertinence biologique : développement de moisissures en dessous du point de rosée
Une idée fausse très répandue dans le secteur de la construction est de croire que le danger n'apparaît que lorsque le point de rosée physique (100 % d'humidité relative) est atteint. Les normes scientifiques, notamment la directive E-6-3 de la WTA (« Prédiction calculée du risque de développement de moisissures »), définissent ce risque à l'aide de systèmes d'isoplèthes .
Ces modèles démontrent que les spores de moisissures peuvent germer directement sur la surface des éléments de construction à des taux d'humidité relative aussi bas que 70 à 80 % . Le tableau du point de rosée sert de référence pour déterminer la température minimale admissible dans un angle de mur ou un encadrement de fenêtre avant que ce seuil critique de croissance ne soit atteint. Les experts désignent ce seuil par l' isoplèthe minimale pour la moisissure (IMM) – la limite inférieure en deçà de laquelle la croissance biologique est physiquement possible.
Humidité absolue vs. Humidité relative : la logique des données
Pour interpréter correctement les valeurs d'un tableau de point de rosée, il est essentiel de faire la distinction entre humidité relative et humidité absolue (g/m³) . L'air chaud pouvant contenir beaucoup plus de vapeur d'eau que l'air froid, l'humidité relative diminue lorsqu'il est chauffé ; cependant, la quantité absolue d'eau dans la pièce reste la même.
Cet effet est crucial pour une ventilation stratégique du point de rosée : l’analyse des données physiques montre clairement que l’air extérieur froid en hiver est extrêmement sec. Si cet air est introduit dans la pièce et chauffé, l’humidité relative diminue considérablement, ce qui assèche les surfaces des matériaux de construction et minimise le risque de moisissures.
Évaluation de la santé selon l'Institut Robert Koch (RKI)
La nécessité de maintenir le climat intérieur dans les limites de sécurité définies par la physique du bâtiment est étayée par des données médicales. L' Institut Robert Koch souligne dans ses recommandations que la contamination par les moisissures dans les espaces intérieurs est directement liée aux maladies respiratoires et aux allergies.
- Sensibilisation : Les spores et les métabolites microbiens (MVOC) peuvent provoquer une irritation des muqueuses et des réactions allergiques.
- Risque d’infection : Chez les personnes immunodéprimées, certains genres de champignons, comme Aspergillus , peuvent provoquer des mycoses invasives.
- Effets toxiques : Certaines espèces produisent des mycotoxines qui, en cas de contamination massive, peuvent altérer considérablement la qualité de l'air intérieur.
Conséquences juridiques et réduction de loyer
D'un point de vue juridique, la comparaison des températures de surface avec le tableau du point de rosée constitue souvent l'élément de preuve décisif dans les litiges relatifs aux moisissures. Si la cause réside dans la construction des murs ( isolation insuffisante ou ponts thermiques), les locataires sont généralement en droit d'obtenir une réduction de loyer. La jurisprudence actuelle fait état de jugements accordant des réductions de 10 % à 100 % (en cas de risques sanitaires aigus). Une analyse objective permet de déterminer la responsabilité respective des défauts structurels et du comportement des occupants.
Prévention stratégique pour la construction de murs
Sur la base des recommandations de l’ Agence fédérale allemande pour l’environnement (UBA), des instructions claires en matière de prévention peuvent être établies :
- Activation thermique : Maintenir la température ambiante constante à environ 19-21 °C pour stabiliser les températures de surface des murs extérieurs au-dessus du seuil de moisissure.
- Assurez une ventilation adéquate : les meubles placés contre les murs extérieurs doivent être laissés dans un espace d’au moins 5 à 10 cm afin d’éviter l’accumulation de chaleur et de permettre la convection au niveau du mur.
- Optimisation énergétique : Un coefficient U amélioré garantit que l'intérieur du mur reste chaud même par temps de gel, minimisant ainsi le risque physique de descendre en dessous du point de rosée.
En conclusion : le tableau du point de rosée n’est pas qu’un simple outil numérique, mais un instrument scientifiquement fiable pour la protection de la santé et des biens. Utilisez ces données pour gérer votre climat intérieur conformément aux normes modernes de la physique du bâtiment.
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