Cela commence souvent insidieusement : une odeur de renfermé au sous-sol, des maux de tête matinaux ou un nez qui coule constamment sans raison apparente. La qualité de l’air intérieur a un impact direct et significatif sur notre bien-être, pourtant la cause de ces problèmes reste souvent invisible pendant longtemps. Les spores de moisissures sont microscopiques, omniprésentes et, en faible concentration, un élément naturel de notre environnement. Cependant, lorsque l’équilibre biologique intérieur est perturbé – que ce soit par des défauts de structure, une ventilation inadéquate ou des dégâts d’eau non détectés – ces minuscules particules peuvent devenir un grave danger pour la santé. Un test de moisissures dans l’air intérieur est souvent la première et la plus importante étape pour y voir clair, déceler les contaminants cachés et protéger durablement votre santé et la structure du bâtiment.
Les informations les plus importantes en un coup d'œil
- Risques pour la santé : les moisissures peuvent déclencher des allergies, des réactions toxiques et même des infections chez les personnes immunodéprimées. Les espèces du groupe de risque 2, comme Aspergillus fumigatus , sont particulièrement préoccupantes.
- Facteurs de croissance : L’humidité est le facteur clé. La croissance peut commencer à une humidité relative de 70 % à la surface du mur, selon le milieu de culture (substrat).
- Méthodes de test : Il existe différentes méthodes de détection. Pour un usage domestique, en tant que premier point de référence, les plaques de sédimentation (milieux nutritifs) conviennent, tandis que les professionnels utilisent souvent des échantillonneurs d’air ou des mesures de particules.
- Conséquences juridiques : Une infestation de moisissures peut entraîner des réductions de loyer importantes, allant de 10 % à 100 % selon sa gravité.
- Mesures requises : En cas d'infestation visible ou de résultat de test positif, une enquête sur les causes (par exemple, ponts thermiques, comportement de la ventilation) et une remédiation sont inévitables.
Pourquoi les moisissures présentes dans l'air intérieur sont dangereuses
Les effets des moisissures sur la santé sont souvent sous-estimés. L'être humain est naturellement adapté à une certaine concentration de spores dans l'air extérieur. Cependant, des problèmes surviennent lorsque la concentration à l'intérieur dépasse durablement celle de l'air extérieur, ou lorsque des espèces pathogènes (responsables de maladies) s'y développent. La norme TRBA 460 (Technical Rules for Biological Agents) classe les champignons en groupes de risque. Si de nombreux champignons environnementaux appartiennent au groupe de risque 1 et sont généralement inoffensifs pour les personnes en bonne santé, certaines espèces, comme Aspergillus fumigatus, appartiennent au groupe de risque 2 [1] . Celles-ci peuvent provoquer des infections chez les personnes immunodéprimées.
Allergènes et effets toxiques
Le problème de santé le plus fréquent lié aux moisissures est l'allergie. Les moisissures produisent des protéines qui peuvent agir comme allergènes. Qu'elles soient vivantes ou mortes, même les spores mortes peuvent déclencher des réactions allergiques [2] . Les symptômes typiques incluent un écoulement nasal, une irritation oculaire, une toux et de l'asthme. Selon des études, environ 5 % de la population allemande souffre de sensibilisation aux moisissures, bien que le chiffre réel soit probablement plus élevé [2] .
Outre leurs effets allergènes, les moisissures peuvent également produire des métabolites toxiques appelés mycotoxines. Les aflatoxines et les ochratoxines en sont des exemples bien connus. Le champignon Stachybotrys chartarum , qui se développe souvent sur les plaques de plâtre ou le papier peint humides, est particulièrement connu pour sa production de toxines et est associé à de graves problèmes de santé [2] . Les composés organiques volatils (COV), responsables de l'odeur de renfermé caractéristique, peuvent également irriter les muqueuses et provoquer des maux de tête [2] .
Avertissement : Soyez attentifs aux groupes à risque !
Une attention particulière doit être portée en présence de jeunes enfants, de femmes enceintes, de personnes âgées ou de personnes immunodéprimées (par exemple, après une transplantation ou une chimiothérapie) vivant dans le logement. Pour ces groupes, l’exposition aux moisissures représente un risque sanitaire nettement plus élevé [2] .
La biologie de la croissance : Quand les moisissures se développent-elles ?
Pour prévenir ou combattre efficacement la prolifération des moisissures, il est essentiel de comprendre leurs besoins. Les trois facteurs clés sont l'humidité, la température et les nutriments (substrat). L'humidité est le facteur crucial. En physique du bâtiment, on considère souvent non seulement l'humidité relative, mais aussi l'activité de l'eau (a<sub>w</sub>) à la surface du matériau. La prolifération des moisissures peut débuter à une humidité relative d'environ 70 % à la surface d'un élément de construction, même en l'absence de condensation visible [3] . De nombreux champignons sont xérophiles, c'est-à-dire qu'ils peuvent se développer même à une humidité relativement faible (de 70 à 80 %), tandis que les bactéries nécessitent généralement une humidité nettement supérieure [3] .
Le modèle isoplèthe
Les scientifiques utilisent des systèmes dits isoplèthes pour prédire le risque de développement de moisissures. Ces graphiques indiquent la combinaison de température et d'humidité à partir de laquelle la croissance débute. L'influence du support est particulièrement intéressante. Sur les supports facilement biodégradables (groupe I), tels que le papier peint, les plaques de plâtre ou les surfaces sales, les moisissures se développent beaucoup plus vite et à des niveaux d'humidité plus faibles que sur les supports minéraux (groupe II), tels que le béton ou la brique [3] . Cela signifie que même si vos murs sont en béton massif, dès qu'il y a de la poussière, de la colle à papier peint ou de la peinture, les champignons trouveront suffisamment de nutriments.
Comparaison des méthodes de test : Comment mesurer correctement ?
Toute personne soupçonnant la présence de moisissures se pose souvent la question suivante : quel test effectuer ? Il existe différentes méthodes, qui varient en termes d’effort, de coût et de fiabilité. On distingue généralement les prélèvements directs, les mesures de l’air et les analyses de poussières.
1. La méthode de sédimentation (collecte passive)
C'est la méthode utilisée dans la plupart des tests de moisissures à domicile, comme le test Silberkraft. Des boîtes de Petri contenant un milieu de culture spécifique sont placées dans la pièce pendant une durée déterminée (généralement 1 à 2 heures). Les spores de moisissures, plus lourdes que l'air, se déposent sur le milieu de culture. Après une période d'incubation de quelques jours, les colonies formées sont dénombrées.
Avantages : Économique, facile à mettre en œuvre, fournit une bonne indication initiale de la contamination par des spores cultivables. Permet également de détecter les spores vivantes susceptibles de se développer.
Limites : Il s’agit d’une méthode semi-quantitative. Le résultat dépend fortement de la circulation de l’air dans la pièce et de la taille des spores. Les très petites spores (comme celles d’ Aspergillus ou de Penicillium ) restent en suspension très longtemps et se déposent plus lentement que les grosses spores, ce qui peut influencer le résultat [2] .
2. Collecte des germes aéroportés (collecte active)
Cette méthode, principalement utilisée par les experts, consiste à aspirer un volume d'air précis à l'aide d'un appareil spécial, puis à rejeter les particules qu'il contient sur un milieu de culture. Ceci permet une détermination précise du nombre d'unités formant colonies par mètre cube d'air (UFC/m³).
Avantages : Quantification plus précise, volume d'air défini.
Limites : Un équipement coûteux est nécessaire, il ne fournit qu’un instantané (temps de mesure court) et ne détecte que les spores viables. Les espèces qui sporulent mal ou dont les spores ne sont plus viables sont souvent manquées [2] .
3. Collecte des particules (nombre total de spores)
De l'air est aspiré puis soufflé sur une lame de microscope enduite de produit. Les spores sont ensuite comptées au microscope, qu'elles soient vivantes ou mortes.
Avantages : Il capture également les spores mortes (qui peuvent encore être allergènes) et les espèces qui poussent mal sur les milieux nutritifs (par exemple Stachybotrys ) [2] .
Limites : L'identification détaillée des espèces n'est pas possible (souvent seulement du genre), elle nécessite une expertise microscopique poussée.
Conseil pratique : L'échantillon de référence
Quelle que soit la méthode choisie, il est essentiel de mesurer la qualité de l'air extérieur comme référence ! Les spores de moisissures sont naturellement présentes dans l'environnement. Ce n'est que si la concentration à l'intérieur est significativement plus élevée qu'à l'extérieur, ou si l'on trouve des espèces absentes de l'extérieur (dites espèces sources intérieures), qu'il y a lieu de suspecter un dommage [2] .
Instructions : Comment effectuer l'autotest de qualité de l'air intérieur
Pour obtenir des résultats pertinents lors d'un test de sédimentation comme celui de Silberkraft, le respect des conditions normalisées est crucial. Des erreurs d'exécution peuvent entraîner de fausses alertes ou un faux sentiment de sécurité.
- Préparation (24 heures avant) : Gardez toutes les fenêtres et portes extérieures de l’appartement à tester fermées. Les portes intérieures peuvent rester ouvertes pour permettre une circulation d’air normale. Important : Ne passez pas l’aspirateur et n’époussetez pas pendant cette période, car cela risquerait de remettre en suspension les spores et de fausser le résultat [4] .
- Mise en place : Placez les boîtes de Petri ouvertes sur une surface surélevée (environ 1 à 1,5 mètre de haut, par exemple une table ou une commode). Évitez de les placer directement près d’une fenêtre, d’un radiateur ou dans un courant d’air.
- Exemple de référence : Veillez à placer simultanément un bol à l’extérieur (balcon, terrasse, rebord de fenêtre). Ceci permet une comparaison, car la pollution de l’air extérieur varie naturellement selon la saison.
- Exposition : Laissez les plats ouverts pendant exactement 2 heures. Quittez la pièce pendant ce temps pour éviter de créer un mouvement d'air inutile [4] .
- Incubation : Fermez hermétiquement les plateaux et conservez-les à température ambiante (20-23 °C) à l’abri de la lumière. Après 3 à 10 jours, vous pourrez dénombrer les colonies.
Aspects juridiques : Réduction de loyer pour cause de moisissures
La présence de moisissures dans les appartements locatifs est l'un des principaux points de litige entre locataires et propriétaires. La situation juridique dépend souvent des circonstances, mais la jurisprudence fournit des indications. De manière générale, le propriétaire est tenu de maintenir le logement en état, conformément au contrat de location. En cas de défaut structurel (ponts thermiques, fuite de toiture, etc.), les réparations lui incombent. Si la cause est imputable au comportement du locataire (ventilation insuffisante, linge étendu à l'intérieur, etc.), ce dernier est généralement responsable.
Le montant de la réduction de loyer dépend de l'ampleur du préjudice :
- Réduction de 100 % : En cas de risques sanitaires importants, par exemple si les résidents tombent malades en raison d’une infestation de moisissures toxiques (AG Charlottenburg, réf. : 203 C 607/06) [5] .
- Réduction de 80 % : En cas d’humidité importante et d’infestation de moisissures dans la cuisine, le salon et la chambre, ce qui rend l’appartement presque inhabitable (LG Berlin, GE 1991, 625) [5] .
- Réduction de 20 % : En cas de moisissures à petite échelle dans les coins de toutes les pièces (AG Königs Wusterhausen, 9 C 174/06) [5] .
- réduction de 10 % : en cas de développement de moisissures dans la salle de bains, si les autres pièces ne sont pas affectées (AG Schöneberg, 109 C 256/07) [5] .
Important : Une réduction de loyer ne peut être refusée unilatéralement et intégralement sans signalement du défaut. Les locataires doivent signaler immédiatement tout défaut par écrit et fixer au propriétaire un délai pour y remédier. Un test de moisissure réalisé par le locataire peut fournir une première indication, mais ne remplace généralement pas l’avis d’un expert devant un tribunal.
Prévention et remédiation
Une fois la moisissure installée, l'élimination est souvent la seule solution. Sur les surfaces lisses (métal, céramique, verre), un nettoyage avec des produits ménagers ou de l'alcool à 70-80 % est généralement suffisant. Sur les matériaux poreux comme le papier peint ou les plaques de plâtre, le mycélium (le réseau de racines du champignon) est souvent profondément incrusté. Dans ces cas, les pulvérisations de surface sont inefficaces ; le matériau affecté doit être retiré [2] .
Ventilation et chauffage adéquats
La meilleure prévention consiste à contrôler l'humidité. L'air chaud peut contenir plus d'humidité que l'air froid. Lorsque l'air chaud d'une pièce se refroidit au contact de murs extérieurs froids, l'humidité relative y augmente, jusqu'à atteindre le point de rosée (formation de condensation). Pour éviter ce phénomène, l'humidité relative dans la pièce devrait idéalement se situer entre 40 % et 60 %. Une ventilation par choc (ouverture complète des fenêtres pendant 5 à 10 minutes) est plus efficace qu'une ventilation par inclinaison, car elle permet un renouvellement d'air complet sans que les murs ne se refroidissent [2] .
Foire aux questions (FAQ)
Puis-je simplement peindre par-dessus la moisissure ?
Non. La peinture anti-moisissure ne fait que masquer le problème. Si la cause sous-jacente (l'humidité) n'est pas traitée et que le champignon continue de prospérer sous terre, il réapparaîtra tôt ou tard. De plus, de nombreuses peintures murales fournissent des nutriments organiques au champignon.
Toutes les moisissures sont-elles nocives pour la santé ?
Tout contact avec un champignon ne provoque pas de maladie. Le risque dépend du type de champignon, de sa concentration et de l'état de santé de la personne. Les personnes allergiques ou immunodéprimées sont nettement plus à risque. Néanmoins, d'un point de vue hygiénique, la présence de moisissures à l'intérieur d'un bâtiment est inacceptable et doit être éliminée par mesure de précaution [2] .
Que sont les COVM ?
Les COVM (composés organiques volatils microbiens) sont des composés organiques volatils produits par les moisissures et souvent responsables de l'odeur de renfermé caractéristique. Leur dosage permet de détecter les dommages causés par les moisissures, même en l'absence de spores dans l'air [2] .
Quand devrais-je faire appel à un expert ?
Si l'infestation dépasse 0,5 m², si la cause est indéterminée, en cas de problèmes de santé ou de litige avec le propriétaire, il est conseillé de faire appel à un professionnel. Un autotest peut servir de première étape.
Pourquoi la moisissure se développe-t-elle souvent dans les chambres à coucher ?
Les chambres sont souvent moins chauffées que les autres pièces. Parallèlement, chacun perd de l'humidité par la respiration et la transpiration pendant son sommeil. Cette combinaison de murs plus froids et d'humidité accrue crée des conditions idéales pour la condensation et le développement de moisissures [3] .
Conclusion
Un test de qualité de l'air pour détecter la présence de moisissures est un outil précieux pour déceler les dangers cachés dans votre maison. Bien qu'un simple test de sédimentation ne remplace pas une analyse complète en laboratoire réalisée par un expert certifié, il offre une solution rapide et économique pour obtenir une première évaluation de la situation. Combiné à un prélèvement d'air extérieur, il permet notamment d'identifier des concentrations élevées de spores. Prenez au sérieux les signes avant-coureurs tels que les odeurs de renfermé ou les problèmes de santé. La moisissure représente bien plus qu'un simple problème esthétique : elle affecte votre santé et votre qualité de vie. Agissez rapidement, aérez régulièrement et contrôlez la qualité de l'air si vous soupçonnez la présence de moisissures.
Sources et références
- Comité des agents biologiques (ABAS) : TRBA 460 - Classification des champignons en groupes de risque , édition juillet 2016 (modifiée en 2023).
- Office régional de la santé du Bade-Wurtemberg : Moisissures dans les espaces intérieurs – détection, évaluation, gestion de la qualité , rapport, décembre 2004.
- Association scientifique et technique pour la préservation des bâtiments et la conservation des monuments (WTA) : Fiche d'information E-6-3 - Prévision informatique du risque de croissance des moisissures , décembre 2023.
- Silberkraft : Informations sur le produit et instructions pour tester la moisissure dans l’air intérieur .
- Joachim Dospil / Hedwig Hanhörster : Tableau de réduction de loyer pour Mold (Extrait de Tables pour la pratique juridique) , Carl Heymanns Verlag.
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